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Géopolitique Jurisnova Géopolitique · 29 juil. 2026 11:52

Xenia Fedorova, la voix de la propagande russe chez Bolloré, menacée d'expulsion

Publicité Xenia Fedorova, la voix de la propagande russe chez Bolloré, menacée d'expulsion France

Xenia Fedorova, l'ancienne dirigeante de RT France devenue chroniqueuse dans les médias de Vincent Bolloré, s'est vu remettre, mercredi, un arrêté ministériel d'expulsion, une décision qu'elle va contester. Intervenante sur CNews et Europe 1, elle est connue pour relayer en France la propagande russe.

Publié le : 29/07/2026 - 13:52Modifié le : 29/07/2026 - 17:40

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Photo du livre de Xenia Fedorova, "Bannie" (Fayard, 2025), publié le 5 mars 2025 en France.
Photo du livre de Xenia Fedorova, "Bannie" (Fayard, 2025), publié le 5 mars 2025 en France. © Xavier Galiana, AFP

Accusée d'être "un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" pour "déstabiliser l'ordre public" en France, la chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova s'est vu remettre, mercredi 29 juillet, un arrêté ministériel d'expulsion, une décision qu'elle va contester.

"Xenia Fedorova est une journaliste. Cette décision est une atteinte grave à la liberté d'expression d'une journaliste qui a toujours exercé son activité de manière la plus convenable qu'il soit", a déclaré à l'AFP son avocat, Me Emmanuel Piwnica. Sa cliente va "immédiatement former un recours" contre l'arrêté d'expulsion, a-t-il annoncé.

Ancienne patronne de la chaîne russe RT en France, interdite dans l'UE depuis mars 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Xenia Fedorova défend régulièrement les positions du Kremlin dans les médias dans le giron de Vincent Bolloré. Elle intervient notamment sur CNews et Europe 1 et signe une chronique dans l'hebdomadaire le JDNews.

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Les employeurs de la journaliste Canal+ et Lagardère ont dénoncé "une atteinte particulièrement grave à la liberté d'expression".

"Menace particulièrement grave et actuelle pour l'ordre public"

La chroniqueuse s'est vu remettre, mercredi, un arrêté ministériel d'expulsion, a indiqué à l'AFP la place Beauvau, confirmant une information de Libération. "Son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État", et sa présence sur le territoire français "constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l'ordre public", selon le quotidien, qui cite l'arrêté ministériel.

"En déployant ses narratifs", la chroniqueuse "s'inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" dans le but "de déstabiliser l'ordre public" en France, est-il ajouté.

Elle "contribue à la diffusion d'un discours de désinformation et de déstabilisation", "visant à manipuler l'opinion publique", "à saper la confiance des citoyens européens et en particulier des citoyens français en leurs institutions", selon l'arrêté ministériel cité par Libération.

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Ailleurs en Europe, Xenia Fedorova est interdite de territoire en Allemagne, a précisé à l'AFP une source proche du dossier.

Une vive polémique avait été déclenchée fin mai après la révélation de la prolongation, en 2024, pour dix ans du titre de séjour de la Russe âgée de 45 ans et un article du journal Le Monde qui lui prêtait une influence grandissante sur le milliardaire conservateur.

Aucune "intervention" du gouvernement, assure Nunez

"Il y a des titres qui sont renouvelés de plein droit pour des étrangers qui sont en situation régulière depuis plusieurs années et qui remplissent des conditions. Il s'en délivre tous les jours", avait alors indiqué le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, assurant qu'il n'y avait eu aucune "intervention" du gouvernement pour cette prolongation.

Le gouvernement français et le président de la République, Emmanuel Macron, ont qualifié Xenia Fedorova de "propagandiste" du Kremlin. Des eurodéputés ont demandé à l'Union européenne de prendre des sanctions à son égard. La chroniqueuse a pu compter sur le soutien des dirigeants de la galaxie Bolloré, qui ont invoqué la liberté d'expression et le pluralisme des opinions.

Ses interventions publiques sont marquées par des thèses récurrentes : selon elle, "c'est l'Occident qui a décidé de prolonger" la guerre en Ukraine et l'Europe est tentée d'"aller en guerre contre la Russie". Certains propos tenus sur CNews ont motivé plusieurs saisines de l'Arcom, en cours d'examen.

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Sa place grandissante dans les médias de la sphère Bolloré ont fait naître des craintes de manipulation du débat public, notamment lors de la campagne pour l'élection présidentielle en 2027.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait estimé à cet égard qu'il y aurait "un combat politique à mener" qui risque de gagner en "intensité", mais il a distingué la "propagande" de cette chroniqueuse pro-russe de l'ingérence.

Il a évoqué toutefois une "ligne rouge" à la prolongation de son titre de séjour, qui est de ne pas "porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation", et souhaité qu'une "contradiction" puisse lui être apportée quand elle s'exprime publiquement.

Avec AFP

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