Jurisnova

Géopolitique Jurisnova Géopolitique · 31 juil. 2026 18:04

Rumeurs, appel d'air, passivité du Maroc... comment expliquer l'afflux inédit de migrants à Ceuta ?

Publicité Rumeurs, appel d'air, passivité du Maroc... comment expliquer l'afflux inédit de migrants à Ceuta ? Comprendre Europe

Plusieurs hypothèses sont évoquées pour expliquer l'afflux soudain de 60 000 migrants à la frontière de l'enclave espagnole de Ceuta au Maroc. Si l'extrême droite européenne estime que la politique migratoire de Pedro Sanchez a créé un appel d'air, plusieurs témoignages rapportent des rumeurs d'ouverture d'un poste frontière ayant conduit à cette crise. La presse espagnole s'interroge également sur le rôle des autorités marocaines.

Publié le : 31/07/2026 - 20:04Modifié le : 31/07/2026 - 20:05

6 min Temps de lecture Partager Par : Grégoire SAUVAGE
Des migrants traversent à la nage les eaux proches de la barrière frontalière avec le Maroc pour pénétrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, le 31 juillet 2026
Des migrants traversent à la nage les eaux proches de la barrière frontalière avec le Maroc pour pénétrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, le 31 juillet 2026. © Jorge Guerrero, AFP

Qui est responsable de la crise migratoire à Ceuta ? Alors qu'une large majorité des 60 000 personnes arrivées illégalement ces dernières heures dans l'enclave espagnole ont été expulsées ou ont elles-mêmes rebroussées chemin, le débat s'anime vendredi 31 juillet en Espagne et dans l'Union européenne pour comprendre comment un tel afflux de migrants a pu se produire.

Prompte à se saisir des images impressionnantes de ses dizaines de milliers de migrants déferlant sur les plages de Ceuta, la droite européenne a été la première à désigner le coupable en la personne du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et sa politique migratoire jugée trop laxiste.

Plusieurs responsables politiques pointent notamment du doigt le plan de régularisation de 500 000 personnes déjà présentes en Espagne, adopté le 27 janvier et achevé le 30 juin 2026.

"Ceuta paie le prix de la régularisation massive du gouvernement espagnol, de l'échec à appliquer les règles européennes de retour et de ses retards répétés dans la mise en œuvre du Pacte sur la migration", estime par exemple la députée européenne espagnole Dolors Montserrat, membre du Parti populaire.

À lire aussiPourquoi l'Espagne régularise 500 000 migrants sans papiers

Même analyse de l'autre côté des Pyrénées avec le LR François-Xavier Bellamy. "Le gouvernement espagnol annonce un plan de régularisation massive. Conséquence logique : alors qu’il a déjà reçu plus d’un million de demandes, des milliers d’étrangers forcent aujourd’hui sa frontière à Ceuta", assure le député européen sur X.

Capture d'écran du compte X du député européen François-Xavier Bellamy.
Capture d'écran du compte X du député européen François-Xavier Bellamy. © X

Cependant, aucune des personnes qui ont rejoint illégalement l'enclave espagnole n'aurait pu prétendre à une régularisation. Seuls les ressortissants étrangers sans casier judiciaire, arrivés avant la fin de l'année 2025 et pouvant prouver qu'ils vivent en Espagne depuis au moins cinq mois, pouvaient prétendre à un permis de séjour renouvelable d'un an.

"Accuser le plan de régularisation par le travail du gouvernement espagnol achevé le 30 juin, tout comme demander l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen alors que la ville autonome de Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord, est déjà soumise à des mesures dérogatoires de contrôle aux frontières, sont tout simplement des mensonges. Il n’y aura pas d’'invasion' du continent européen", a fait valoir le secrétaire général du Parti socialiste Olivier Faure.

Des rumeurs propagées par des passeurs ?

De fait, Bruxelles a affirmé n'avoir relevé aucun flux migratoire entre Ceuta, située en Afrique du Nord, et le continent européen. "Il n'y a pas aujourd'hui de mouvements vers le continent européen", a indiqué un haut responsable de l'UE, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

En vertu des règles en vigueur dans l'espace Schengen, des contrôles supplémentaires sont nécessaires pour accéder au continent européen depuis les territoires de Ceuta et Melilla, situés en Afrique du Nord. Et Bruxelles n'a relevé aucun passage en ce sens.

À lire aussiCrise à Ceuta : peut-on exclure l'Espagne de l'espace Schengen comme le réclame Giorgia Meloni ?

En réalité, de nombreuses inconnues demeurent sur les raisons qui ont poussé des dizaines de milliers de personnes à rejoindre en même temps Ceuta, essentiellement par la nage depuis la ville marocaine de Fnideq.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a estimé que la crise était liée à une interprétation malhonnête "par les mafias" d'une récente décision de justice statuant sur la reconduite des migrants arrivés par la mer.

Accepter Gérer mes choix

Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.

Réessayer
AP26212469822257
Image de couverture : AP26212469822257 AP Photo/Antonio Sempere - Antonio Sempere
01:42

Source citée

Jurisnova Géopolitique — ouvrir l’original

Contenu repris et affiché sur Jurisnova à des fins d’information ; la source reste Jurisnova Géopolitique.

Se connecter pour réagir 0 republication(s)

Commentaires (0)

Aucun commentaire encore — en tant que juriste, quelle est votre lecture de cette actualité ?

Connectez-vous pour commenter.

Soyez le premier à commenter cette actualité.