L'arrêté d'expulsion visant la chroniqueuse prorusse Xenia Fedorova, accusée d'être la voix du Kremlin dans des médias français, n'est "pas une atteinte à la liberté d'expression", a affirmé jeudi le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez. Une partie du Rassemblement national a salué la lutte contre l'ingérence russe tout en dénonçant un "deux poids deux mesures", d'autres élus et figures du camp ont eux dénoncé une censure politique.
Publié le : 30/07/2026 - 17:13Modifié le : 30/07/2026 - 21:27
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La polémique n'en finit plus de rebondir. Au lendemain de l'annonce de l'arrêté d'expulsion visant la chroniqueuse prorusse Xenia Fedorova, accusée d'être la voix du Kremlin dans des médias français, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a réfuté jeudi 30 juillet les accusations "d'atteinte à la liberté d'expression".
"On est sur un sujet qui est très grave, qui est celui d'une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation", a répondu Laurent Nuñez sur BFMTV, accusant Xenia Fedorova, qui est de "nationalité russe", de ne faire que "relayer la propagande russe" sur le territoire français. L'ancienne patronne de la chaîne russe RT France "relaie purement et simplement la propagande russe", a martelé le ministre.
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Depuis l'arrêté signé par le ministère de l'Intérieur, Xenia Fedorova est assignée à résidence et doit pointer chaque jour au commissariat, selon une source proche du dossier. Elle œuvre pour la "propagande russe, qui est une propagande qui vise à saper le fonctionnement démocratique en France".
"Je ne doute pas une seconde que ceux qui portent des théories comme celle que développait cette personne vont continuer à être diffusées", a ajouté le ministre de l'Intérieur. "Quand on entend M. [Florian] Philippot", l'ancien vice-président du Front national et candidat à la présidentielle de 2027, "quand on entend M. [Thierry] Mariani", membre du Rassemblement national (RN), "on n'est pas très loin de ce que dit Mme Fedorova. Donc, ils continueront à s'exprimer", a ajouté le ministre.
L'extrême droite divisée
"Véritable censure" pour les uns, "urgence à se protéger" de la Russie pour les autres, l'arrêté ministériel d'expulsion visant la chroniqueuse pro-russe divise au sein de l'extrême droite, notamment au Rassemblement national.
"Les positions de cette dame ne sont pas celles du Rassemblement national", a affirmé jeudi 30 juillet le député RN Thomas Ménagé interrogé sur franceinfo. "Si les services de l'État ont considéré qu'elle ne devait pas rester sur le sol français, c'est qu'elle a répondu aux critères", a-t-il précisé, ajoutant qu'il y a "urgence à se protéger" des différentes ingérences opérées par la Russie visant la France.
Il a néanmoins dit espérer la "même célérité pour expulser" des "délinquants étrangers sous OQTF, d'autres pays, notamment algériens".
Même son de cloche sur Sud Radio, où Julien Odoul, autre député RN, a commenté "une bonne décision" du gouvernement, mais dénoncé un "deux poids deux mesures" face aux expulsions de délinquants étrangers.
Au sein du parti de Marine Le Pen, qui avait été mise en difficulté lors de l'élection présidentielle de 2022 pour ses liens avec la Russie de Vladimir Poutine, tous n'ont pas la même appréciation.
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Comme le maire RN de Fréjus David Rachline, qui a publié sur X mercredi "les OQTF visant des délinquants dangereux restent lettre morte. En revanche, pour expulser une voix dissidente, l'État sait faire preuve d'une efficacité remarquable."
Ou l'eurodéputé RN Thierry Mariani, candidat du parti à la flamme aux dernières municipales à Paris, qui critique le gouvernement "qui va peut-être enfin réussir à faire taire l'une des rares voix dissonantes dans la presse française qui ne répétait pas le récit officiel autorisé sur le conflit en Ukraine".
"En attendant, la liberté d'opinion recule !", a ajouté l'élu, régulièrement pointé du doigt par ses adversaires politiques pour sa proximité avec la Russie, notamment du fait de ses voyages controversés en Crimée occupée et pour son rôle dans l'association Dialogue franco-russe.
Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat à l'élection présidentielle, a crié au "scandale" sur X. Il a dénoncé "une véritable censure, digne d'une dictature", et estimé qu'aujourd'hui en France "une chroniqueuse peut être expulsée car ses opinions ne vont pas dans le sens de celle du pouvoir".
Ancienne patronne de la chaîne d'État russe RT en France, Xenia Fedorova, 45 ans, est chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et le JDNews, médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
Une vive polémique avait été déclenchée fin mai après la révélation de la prolongation en 2024 pour dix ans du titre de séjour de la Russe âgée de 45 ans et un article du Monde qui lui prêtait une influence grandissante sur Vincent Bolloré.
Avec AFP
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