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Géopolitique Jurisnova Géopolitique · 26 juil. 2026 21:53

Milei accuse le Brésil d'avoir financé une "campagne anti-argentine", Lula rappelle son ambassadeur

Publicité Milei accuse le Brésil d'avoir financé une "campagne anti-argentine", Lula rappelle son ambassadeur Amériques

Javier Milei a accusé dimanche le Brésil, le Mexique et le Parti démocrate américain d'avoir financé une "campagne anti-argentine" en marge de la Coupe du Monde. Plus tôt, Brasilia avait rappelé son ambassadeur en Argentine "en raison des propos offensants prononcés par le président argentin" à l'encontre de son homologue Luiz Inacio Lula da Silva.

Publié le : 26/07/2026 - 23:53Modifié le : 27/07/2026 - 22:02

4 min Temps de lecture Partager Par : FRANCE 24 Accepter Gérer mes choix

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Le président argentin Javier Milei lors d'une réunion à Washington (États-Unis), en février 2026.
Image de couverture : Le président argentin Javier Milei lors d'une réunion à Washington, aux États-Unis, en février 2026. © Mark Schiefelbein, AP
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Les tensions diplomatiques entre l'Argentine et le Brésil sont montées d'un cran ce week-end. Le président argentin Javier Milei a accusé, dimanche 26 juillet, le gouvernement brésilien, mais aussi le Mexique et le Parti démocrate américain, d'avoir financé une "campagne anti-argentine". Il semblait faire référence, au moins en partie, aux critiques visant le pays et son équipe de football, en marge de la Coupe du monde.

Plusieurs joueurs et membres du staff technique de l'Argentine, battue 1-0 par l'Espagne en finale après prolongation, s'en sont pris à l'équipe espagnole au coup de sifflet final, suscitant des critiques.

"Qui a mis le plus d'argent dans cette campagne anti-argentine ? Le gouvernement du Brésil. 25 % des ressources venaient du gouvernement du Brésil", a affirmé Javier Milei dans une interview à Radio Mitre, sans présenter d'éléments étayant ses accusations. "Et après, ils viennent me parler d'interférence", a-t-il fustigé.

"En plus, cette campagne anti-argentine a également été financée par le Mexique, par le Parti démocrate des États-Unis", a ajouté Javier Milei, sans davantage élaborer. "Ce sont les têtes pensantes progressistes qui ne veulent pas que les idées de la liberté fonctionnent."

Lula qualifié de "voleur" et de "prisonnier"

Brasilia a rappelé dimanche pour consultation son ambassadeur en Argentine en raison des "propos offensants prononcés" par Javier Milei à l'encontre notamment de son homologue brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, a annoncé à l'AFP le ministère des Affaires étrangères.

Présent lors de l'investiture samedi à Sao Paulo de Flavio Bolsonaro comme candidat à l'élection d'octobre au Brésil, le président ulralibéral avait qualifié – sans le mentionner directement – Lula de "voleur" et de "prisonnier".

Figure de proue de la droite latino-américaine, Javier Milei avait mis en garde contre "le risque Lula" lors des élections et a appelé le Brésil à se libérer de "l'asservissement à la gauche".

Sans nommer le juge de la Cour suprême brésilienne Alexandre de Moraes, le président argentin avait également déclaré que "cette ordure chauve" l'avait empêché de rendre visite à son "ami injustement emprisonné", Jair Bolsonaro, père de Flavio et ancien président (2019-2022) incarcéré pour tentative de coup d'État en 2022, puis assigné à résidence à Brasilia.

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"J'ai voulu aller voir mon ami Jair Bolsonaro. Ils ne m'ont pas laissé. Ici, en revanche, l'ex-prisonnier est venu voir la détenue", a déclaré Javier Milei, en référence à la visite en juillet 2025 de Lula a Cristina Kirchner, alors depuis peu emprisonnée à son domicile de Buenos AIres pour corruption.

"Ici, il n'y a eu aucun problème. Personne ne lui a interdit quoi que ce soit", a poursuivi Javier Milei. "Pourtant, moi, on ne m'a pas laissé rendre visite à mon ami (Bolsonaro), qui en plus est injustement emprisonné."

Milei "indigne de la fonction qu'il occupe"

Le gouvernement brésilien a par ailleurs convoqué dimanche l'ambassadeur argentin à Brasilia.

"Au Brésil, nous n'acceptons pas que quiconque mette son nez là où on ne lui a pas demandé de le faire", a lancé dimanche le président Lula, sans préciser la cible de ses propos, lors d'un événement avec des syndicalistes. Il a promis de continuer à diriger le pays "sans interférence de quiconque".

Javier Milei s'est attiré les foudres du président de la Cour suprême brésilienne, Edson Fachin, qui a critiqué dans un communiqué sa "référence irrespectueuse" à l'égard du juge Moraes et a déploré des "propos incompatibles avec l'esprit civique qui doit caractériser les relations entre États".

Le président du Parti des travailleurs (au pouvoir), Edinho Silva, a jugé quant à lui que le chef de l'État argentin s'était montré "indigne de la fonction qu'il occupe".

Le président Lula entretient des relations très froides avec Javier Milei depuis que ce dernier a pris, en 2023, la présidence de l'Argentine, pays voisin et partenaire stratégique du Brésil. Bien qu'ils se soient croisés lors de rencontres multilatérales, ils n'ont jamais tenu de réunion bilatérale.

Lors de son dernier voyage en Argentine en 2025, Lula avait en revanche rendu visite à l'ancienne présidente et actuelle figure de l'opposition Cristina Fernandez de Kirchner, placée en résidence surveillée pour corruption.

Samedi, le président Milei a accusé Lula d'avoir tenté de lui nuire pendant la campagne présidentielle argentine de 2023. "J'avais un voisin qui s'immisçait dans la politique argentine pour essayer de fausser le cours de l'Histoire en faveur de ces salauds de gauchistes", a-t-il lancé, sans nommer, là encore, le président brésilien.

Avec AFP

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