La crise diplomatique entre le Brésil et l’Argentine continue de s’envenimer. Après le rappel, dimanche, de l’ambassadeur brésilien à Buenos Aires, le ministre des Finances a qualifié lundi 27 juillet Javier Milei de « clown ». À moins de trois mois de l’élection présidentielle, Lula entend tirer parti des attaques étrangères pour se poser en défenseur de la souveraineté du pays.
Publié le : 28/07/2026 - 08:07Modifié le : 28/07/2026 - 08:09
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À l’origine de la brouille : la venue, samedi à Sao Paulo, de Javier Milei pour soutenir Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro et candidat de la droite à l’élection présidentielle brésilienne d’octobre. Sans nommer directement Lula, le président argentin l’a qualifié de « voleur » et de « prisonnier », avant d’appeler les Brésiliens à se libérer de « l’asservissement à la gauche ».
Il s’en est également pris au juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, qu’il a traité d’« ordure chauve ». Selon Javier Milei, le magistrat l’aurait empêché de rendre visite à son « ami injustement emprisonné », Jair Bolsonaro, condamné pour tentative de coup d’État puis assigné à résidence à Brasilia.
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En réaction, le Brésil a rappelé pour consultations dimanche son ambassadeur en Argentine et convoqué l’ambassadeur argentin à Brasilia. Selon une source diplomatique brésilienne, Javier Milei a ainsi « offensé deux pouvoirs, le peuple et la démocratie brésilienne ». Et le ton est encore monté lundi 27 juillet, lorsque le ministre brésilien des Finances, Fernando Haddad, a traité Javier Milei de « clown ».
« Aucun étranger ne se mêlera de nos élections »
Cette querelle dépasse toutefois le seul antagonisme entre les deux dirigeants. À moins de trois mois de la présidentielle, le gouvernement brésilien se dit particulièrement attentif aux tentatives d’ingérence étrangères dans le scrutin, rapporte notre correspondant à Sao Paulo, Martin Bernard. « Au Brésil, nous n’acceptons pas que quiconque mette son nez là où on ne lui a pas demandé de le faire », a lancé le président brésilien, promettant de continuer à gouverner « sans l’interférence de qui que ce soit ».
Un discours que Lula avait déjà tenu face à Donald Trump. Le président américain, qui a ouvertement soutenu Jair Bolsonaro par le passé, vient d’imposer au Brésil des droits de douane punitifs. Brasilia a également refusé des visas à deux responsables américains, soupçonnés de vouloir venir dans le pays pour mettre en doute la fiabilité des urnes électroniques et la transparence du scrutin.
Un message qui passe bien auprès des électeurs et pourrait servir Lula, selon le politologue Claudio Couto. « Du point de vue électoral, c’est tout bénéfice pour lui, car cela lui permet d’en cueillir les lauriers. Il apparaît comme le président qui défend la souveraineté du pays contre l’intromission de qui que ce soit, qu’il s’agisse du président américain, dans le cas d’une superpuissance, ou d’un président argentin mal élevé qui vient au Brésil. »
La querelle a encore pris une nouvelle dimension géopolitique lorsque Lula a obtenu le soutien de Xi Jinping en faveur, précisément, de la défense de la souveraineté et contre les ingérences extérieures. Un message très clair, analyse le politologue. « Le message est le suivant : si vous, les Américains, venez chercher des noises au Brésil, nous avons d’autres solutions et nous irons de l’avant. D’où l’importance de cette conversation avec Xi Jinping, et plus encore la révélation des termes de cette conversation. »
La Chine tient, de son côté, à préserver sa relation privilégiée avec le Brésil, son principal partenaire en Amérique latine.
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