Le fonds « anti-instrumentalisation » de 1,8 milliard de dollars que souhaitait mettre en place Donald Trump « est mort », a déclaré vendredi le président américain.
Ce fonds – officiellement apolitique – était destiné aux personnes qui s'estiment victimes de persécution judiciaire, dont les émeutiers qui ont été poursuivis après l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Les membres de l’administration Trump avaient déjà reculé sur sa mise en place, mais le président était quant à lui demeuré flou sur la question jusqu’à présent.
Il est mort, a déclaré Donald Trump, lors d’une conférence de presse à Camp David, la résidence secondaire officielle du président. Pour être honnête, j’aurais aimé qu’il ne le soit pas, a-t-il poursuivi.
M. Trump a ensuite défendu des gens qui ont subi des abus horribles, dont les familles ont été décimées et dont certains se sont suicidés, sans énoncer clairement de qui ou de quoi il parlait.
Ouvrir en mode plein écranDonald Trump a répondu aux questions des médias lors d'une réunion de son cabinet à Camp David.
Photo : Reuters / Daniel Heuer
Donald Trump, président des États-UnisConsulter le dossier completSuivreSuivreIl a toutefois blâmé ses prédécesseurs démocrates Joe Biden et Barack Obama d’avoir détruit leurs vies et instrumentalisé le gouvernement.
PublicitéLe président américain a aussi répété à plusieurs reprises que ce fonds ne lui était pas destiné, même s'il juge qu’un gros dédommagement aurait dû lui être versé, lui qui estime être probablement plus victime d’abus que quiconque dans l’histoire du pays.
Loin de faire l'unanimité
Ce fonds d'indemnisation était contesté devant les tribunaux et critiqué par des démocrates ainsi que par certains républicains.
Les sénateurs républicains Thom Tillis et John Cornyn ont notamment bloqué la nomination de Todd Blanche comme procureur général des États-Unis, exigeant des garanties écrites du département de la Justice sur l'abandon de ce fonds.
Si M. Blanche, qui assume la fonction de procureur général des États-Unis par intérim, s'est engagé verbalement à abandonner le fonds, il ne l'a pas fait par écrit jusqu'à présent.
La création du fonds découle d'une entente sans précédent conclue entre Donald Trump et son administration.
PublicitéEn échange de sa création, le président américain avait retiré sa poursuite de 10 milliards de dollars intentée en début d'année contre le fisc américain en lien avec la fuite d’informations sur ses déclarations de revenus lors de son premier mandat.
Son administration s'était en outre engagée à renoncer à toute poursuite contre lui, sa famille ou ses entreprises pour de possibles arriérés d'impôts qu'ils auraient pu devoir avant la date de l'accord.
Cette rare volte-face de l'administration Trump devrait ouvrir la voie à l'adoption du projet de loi budgétaire colossal sur le contrôle de l'immigration et sur la protection des frontières, qui semble avoir servi de monnaie d'échange pour les républicains récalcitrants.
Le mois dernier, les sénateurs avaient quitté Washington pour leur pause du jour du Souvenir américain sans adopter comme prévu le texte législatif en raison de la rarissime révolte des républicains devant le fonds d'indemnisation – un sujet sensible politiquement –, quelques mois avant les élections de mi-mandat.
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Avec les informations de Reuters
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