Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a appelé jeudi 30 juillet la communauté internationale à s'unir pour « mettre fin à l'escalade » dans la région, au lendemain d'une attaque de drone dans le port méditerranéen de Damiette, dans le nord du pays, selon son porte-parole.
Publié le : 30/07/2026 - 23:05Modifié le : 31/07/2026 - 00:02
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Alors que l'Égypte a fait état d'une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à « l'escalade » dans la région.
Lors d'un entretien téléphonique avec le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, le président égyptien a mis en garde contre « la gravité de l'escalade que connaît la région », soulignant la nécessité pour l'Égypte, l'Espagne, l'Europe et la communauté internationale « d'unir leurs efforts pour (y) mettre fin », a indiqué le porte-parole de la présidence.
Il s'agit de la première attaque en Égypte depuis le début de la guerre. Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a précisé qu'une enquête se poursuivait sur les circonstances de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.
Les Houthis disent ne pas être derrière l'attaque de Damiette
Un responsable du ministère des Affaires étrangères des Houthis a affirmé jeudi qu'ils n'étaient pas derrière l'attaque de drone de Damiette, dans le nord de l'Égypte, selon l'agence de presse Saba, affiliée à ces rebelles yéménites.
Selon Saba, « les rumeurs selon lesquelles le Yémen aurait pris pour cible un navire dans le port de Damiette, en République arabe d'Égypte, sont sans fondement », ajoutant que les Houthis visent « uniquement le régime saoudien pour son blocus injuste et son agression continue contre le peuple yéménite », a rapporté Saba.
L'attaque en Égypte, un message sur la vulnérabilité des intérêts américains
Aucune partie n'a revendiqué la frappe, qui a touché un navire de stockage de gaz appartenant à des Américains et exploité par eux dans ce port méditerranéen, et l'Égypte n'a désigné aucun responsable.
Selon les analystes, son objectif, quel qu'en soit l'auteur, pourrait être de pousser l'Égypte - un des rares intermédiaires diplomatiques entre l'Iran et les États-Unis - à entrer dans le conflit.
L'attaque est la plus éloignée du Golfe et de la mer Rouge depuis le début de la guerre. En survenant en Méditerranée, elle matérialise une menace sur des voies de navigation jusqu'à présent considérées comme sûres.
Petit port stratégique, Damiette se trouve à plus de 1 300 km de l'Iran et 2 000 km du Yémen. La frappe a provoqué des incendies sur le navire de stockage et regazéification Energos Winter – propriété américaine – et le méthanier grec voisin GasLog Salem.
L'attaque est intervenue en pleine reprise des hostilités entre l'Iran et les États-Unis, à l'issue d'une brève accalmie, comme pour montrer que Téhéran pourrait perturber le commerce mondial, notamment d'hydrocarbures, encore davantage et plus loin qu'il ne l'a fait jusqu'ici.
« L'Égypte est la seule grande puissance de la région qui maintient encore une position quasi neutre » et parmi les parties prenantes, « seul Israël a intérêt à ce qu'elle adopte une position plus ferme contre l'Iran », selon Mustapha Kamel Al-Sayyid, professeur de sciences politiques à l'Université du Caire cité par l'AFP.
L'Iran alerte contre les opérations «sous faux drapeau»
Dans la nuit de jeudi à vendredi, le chef de la diplomatie iranienne a alerté contre des opérations « sous faux drapeau ».
« L'Égypte est un ami et un partenaire important dans la région, et sa sécurité revêt pour nous une importance capitale. Nous devons tous rester vigilants face aux complots israéliens et aux opérations sous "faux drapeau" visant à compromettre la paix régionale », a écrit le ministre iranien des Affaires étrangères Seyed Abbas Araghchi sur X, tout en ajoutant : « La menace est claire et commune ; elle redoute la solidarité musulmane »..
Accepter Gérer mes choixLe Caire a contribué à obtenir un cessez-le-feu irano-américain en avril, et sert de canal diplomatique entre Washington, Téhéran et les puissances de la région. Dans le même temps, ses ports ont absorbé cette année un important trafic détourné du Golfe par le conflit et le verrouillage iranien du détroit d'Ormuz. Mais cette alternative dépend de la sécurité des voies maritimes du pays et méditerranéennes.
Davantage de bâtiments utilisent le canal de Suez et un oléoduc terrestre égyptien
De plus en plus de pétroliers empruntent la mer Rouge, dernier itinéraire relativement sûr, quoique coûteux, pour exporter le brut saoudien, selon les données de Vortexa, cabinet d'analystes du marché de l'énergie, et du site de suivi des navires MarineTraffic.
Et, à la suite des récentes attaques houthies contre des navires traversant le détroit de Bab al-Mandeb, à la pointe sud de la mer Rouge, davantage de bâtiments utilisent le canal de Suez et un oléoduc terrestre égyptien.
L'Égypte, dont le secteur maritime constitue l'une des principales sources de devises étrangères, a déjà adapté en conséquence les opérations de ses ports. Alors que le pays importait auparavant du gaz à Aïn Soukhna, sur la mer Rouge, il a « désormais, avec les perturbations dans le Golfe et le détroit d'Ormuz (...), l'alternative de Damiette », a expliqué à l'AFP l'ancien directeur de l'autorité du port, le général de division Ayman Salah.
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