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Fermer la fenêtre d’activation des notifications franceinfo activer Dee Dee Bridgewater et China Moses, à la conquête de la liberté : "Elle ne doit jamais être prise pour acquis" audio indisponibleDee Dee Bridgewater et China Moses sont les invitées exceptionnelles toute cette semaine du Monde d’Elodie, pour la sortie de leurs albums respectifs, "Elemental", pour la mère et "It’s complicated", pour la fille. Épisode 5 : "Honeysuckle Rose" de Dee Dee Bridgewater en duo avec le pianiste Bill Charlap.
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Dee Dee Bridgewater et China Moses ont deux personnalités liées, aussi différentes que complémentaires. Ce qui les tient, c'est l'amour qu'elles portent envers les autres et le besoin de rendre la vie plus douce avec toutes ces nuances. Elles ont toutes les deux une attirance pour la musique soul, la musique de l'âme, et une profonde envie de liberté.
franceinfo : Que signifie ce mot liberté pour vous ?
Dee Dee Bridgewater : Pour moi, c'est la liberté d'exister déjà et d'exister comme on veut, comme on en voit des choses. La liberté de choisir de faire X ou Y comme on veut, la liberté de pouvoir dire des choses honnêtes et parfois difficiles. Pour moi, c'est le jazz et la liberté, parce que c'est une façon de jouer où on prend quelque chose qui est créé et formé, on défait et puis on remet cette chose en place.
"Je pense que maintenant que je suis à un certain âge, la petite Dee Dee, quand elle avait décidé qu'elle voulait chanter du jazz, sans le savoir, c'était sa façon de choisir la liberté."
Dee Dee Bridgewaterà franceinfo
Le micro, c'est ça justement, China ?
China Moses : Le micro, c'est une responsabilité. Il y a très peu de choses qui m'énervent, mais il y a une chose dans des discussions qui peuvent m'énerver par rapport au monde artistique, quand, par exemple, un artiste dit, ce n'est pas de ma responsabilité. En fait, on t'a donné un micro, donc malgré tout, tu as une responsabilité envers le contrat social. Je suis capable de danser sur du hip-hop misogyne que j'adore. Je peux aimer 50 cent ou Notorious B.I.G., mais ça ne veut pas dire dans ma vraie vie que je ne comprends pas le contrat social. J'ai cette liberté de pouvoir dire non, cette liberté de pouvoir choisir. J'ai grandi quasiment toute ma vie avec beaucoup de liberté, dans une ville, dans un pays où on respecte cette liberté qui commence à s'effriter. Pour moi, c'est extrêmement fragile et cette liberté ne doit jamais être prise pour acquis.
Si vous deviez justement décrire votre mère, vous diriez quoi ?
China Moses : Pour moi, c'est une des plus grandes voix de la musique noire américaine et du jazz. Scéniquement, il y a eu, je ne sais pas combien de magazines ou de journaux qui ont dit ça, mais c'est la Tina Turner du jazz. Il faut la voir sur scène. La maman, parce que c'est important pour moi, je sépare les deux, est une femme exemplaire qui a vraiment fait du mieux qu'elle pouvait avec ce qu'elle avait, avec une source d'abnégation profonde vis-à-vis de son ego d'artiste.
"Franchement, c'est un honneur d'être sa fille."
China Mosesà franceinfo
Un mot sur Honeysuckle Rose, ce titre extrait de votre album Elemental avec le pianiste Bill Charlap qui vous accompagne. Que représente cette chanson pour vous ?
Honeysuckle Rose, quand je le chante, j'essaie toujours de penser à Fats Waller. J'ai Fats Waller en arrière-pensée et sa façon de mettre de la comédie et de l'humour dans sa musique. En même temps, c'est quelque chose de profond, et même un peu difficile. Quand je fais ça avec Bill Charlap, il ne m'accompagne pas, on est à égalité, donc cette chanson est la façon dans laquelle on le fait. C'est une façon pour nous de rendre hommage à Fats Waller, en même temps qu'on veut montrer la comédie et la légèreté qu'on peut utiliser quand on fait de la musique. Ce n'est pas nécessaire d'être vraiment sérieux, mais c'est un homme très accompli en tant que pianiste et qui me respecte et me laisse être moi-même à n'importe quel moment. Il est toujours là avec moi et ça, c'est le pied, donc Honeysuckle Rose, pour moi, c'est de la grande liberté musicalement parlant.
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